1Le concept de "la journée de merde" a un peu vieilli ces derniers temps, celles-ci ayant tendance à s'accumuler depuis de nombreux mois chez chacun d'entre nous. Du coup, loin d'être exceptionnelles, elles n'attirent guère plus le chaland qui baguenaude sur la blogosphère, cherchant à se gausser du malheur des autres, histoire d'oublier ses propres tracas.

J'hésite à te parler de mon année 2008, d'ores et déjà classée "annus horribilis" alors qu'il reste encore un peu plus de 3 mois à tirer, parce que je sais qu'on va m'accuser de vouloir faire monter mes stats avec des mots clés cochons. Loin de moi une telle idée, d'ailleurs la preuve, je vais la jouer petit bras et me contenter de te narrer mon dernier week-end. Et quand tu liras à la fin de ce billet, que sur les conseils d'une certaine Amandine, je me suis fais greffer un poulpe (qui s'est avéré être de seconde zone et pas de la première fraîcheur) tu comprendras que "petit bras" est un faible mot s'agissant de ce week-end de merde. Parce que des bras, maintenant, j'en ai douze. De plusieurs mètres de long. Parfaitement.

Déjà, tout avait plutôt mal commencé, puisque c'est la pluie qui m'a réveillé dès l'aube alors que depuis deux semaines nous sommes censés avoir du temps pour dormir en fin de semaine grâce à la semaine de quatre jours. Certes il pleuvait depuis le jeudi soir, mais de temps en temps on avait droit à une pluie fine qui ne martelait pas les gouttières et nous permettait de dormir. Mais là, non. C'est simple, ça tapait tellement fort, que j'ai cru que Bernard Tapie était venu se réfugier chez moi et que les membres de la commission des finances tambourinaient à ma porte pour venir récupérer les 285 millions d'euros que trois angelots débarqués d'un voyage intersidéral de 20 ans viennent de lui servir sur un plateau.

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, j'ai emmené mon tamagoshi à son cours de golf. Alors je vous arrête tout de suite, toi et ta langue de vipère, là où j'habite les cours de golf coûtent moins cher que les cours de dessin de la M.J.C, alors ne viens pas me taxer de PPFR (pauvre petite fille riche, pour les intimes). Et c'est là que le week-end de merde décide de se mettre en route. Je dépose l'Héritier à son cours et comme le club est situé à 12 km de la maison, je décide de l'attendre en allant boire un thé au bar du club. Je te rappelle qu'il pleut la mer et je m'abrite donc sous mon beau parapluie orange qui n'est toujours pas cassé après trois ans de bons et loyaux services, ce qui signe une qualité exceptionnelle pour ce genre de produit. Bien élevée, je le pose dans le porte-parapluie à l'entrée du bar-restaurant (qui lui même est situé dans l'enceinte du club), histoire de ne pas transformer la moquette en pataugeoire, et j'attends tranquillement que l'Héritier ait fini son entraînement. Comme la plupart des clubs de golf, c'est un coin de pauvres. D'autant plus qu'y est organisée ce week-end, une compétition sponsorisée par BMW avec une dotation exceptionnelle, et que ma twingo fait tache au milieu de tous ces 4X4. Ici chacun joue à montrer la taille de sa quéquette à travers la cylindrée de sa charrue, mais comme je suis une fille, ça me fait doucement rigoler.
Sauf que là en sortant, j'ai vite arrêté de rire. La pluie redoublait de vigueur et mon parapluie avait tout simplement disparu. Envolé par magie ? Non, volé par un gougnaffier plein aux as et sans éducation à qui on n'a certainement jamais appris que ce qui est aux autres ne nous appartient pas et que voler c'est pas bien. Certes ce n'était qu'un parapluie, mais moi on m'a toujours appris "qui vole un oeuf, vole un boeuf".
Si je recroise cette ordure sur le green ou aux alentours du club, je ne manquerai pas d'aller récupérer ce qui m'appartient, dussé-je passer pour la grand-mère de Titi et Grosminet lorsqu'elle se met à taper les mauvais plaisants avec son pébroque. De toute façon, un parapluie orange et argent ça ne court pas les rues, alors ce n'est pas une agglomération de 500000 habitants qui va me faire reculer.

Ensuite, les petits tracas se sont succédés tout au long de ces deux jours, histoire de me faire commencer la semaine en disant "Chouette, c'est lundi". Il y a eu la boîte d'aiguilles qui s'est renversée avec au moins 200 aiguilles à retrouver par terre et dans mes dossiers (si seulement j'avais rangé mes dossiers avant de me mettre à coudre...) , le pressing fermé à 15 heures alors que la veille la patronne avait préféré me regarder me tremper et n'avait pas daigné ouvrir parce qu'il était 7h55 et qu'elle n'ouvrait qu'à 8h00, mon paquet de farine qui s'explose sur le plan de travail, le coulis de tomates bien chaud qui gicle sur le pull neuf couleur ficelle et pour finir Monsieur Nombril qui débarque dans le salon et zappe sur "jour de foot" alors que j'étais tranquillement en train de regarder le journal sur iTélé (premier journal de la semaine que j'arrivais à voir histoire de constater par moi-même qu'en Géorgie ils enchaînaient eux aussi les journées de merde).

Heureusement qu'au milieu de ce déchaînement de misères, Amandine m'a appris qu'on pouvait désormais se faire greffer un poulpe afin d'arriver à boucler nos journées de 48 heures en 18 heures. La "To do" liste ne fera plus son intéressante en me narguant chaque fin de week-end et mon syndrôme Caroline Ingalls va s'en trouver nettement amélioré. Bon, la poissonnière m'a pris pour une débutante et m'a refilé un vieux poulpe, mais malgré son manque de fraîcheur j'ai  quand même réussi à faire un pantalon pour la Princesse, les étiquettes et l'enchapeautâge de mes dernières confitures (trop jolies ces étiquettes avec les derniers tampons Lil Davi's) une dizaine de chaussons aux pommes, finir une page de scrap avec les chouettes papiers Pink Paisley et chipboards Scénic Route (allez, dis-moi qu'elle est trop trop belle ma page, tu sais bien que ça me fait super plaisir), un gâteau marbré qui déchire (une recette de Pascale Weeks tirée de son livre "Slunch"), ainsi que quelques lessives et quatre repas bourrés de fruits et légumes parce que sinon le cancer il va finir par avoir notre peau. Alors, elle est pas belle la vie ?

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