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On n'a pas des vies faciles. Je crois que je vous l'ai déjà dit, mais quand même j'ai l'impression que certains prennent un peu trop à la légère ma vie de bobo. Je ne trouve pas ça très cool. Parce que voyez plutôt comme je me démène pour diminuer mon empreinte écologique :

Depuis longtemps, je lis sur les blogs ou dans la presse, que "se démaquiller avec du coton c'est mal". Une culture tellement intensive et bourrée de pesticides qu'elle fait des ravages. Chaque soir et chaque matin je me dis que c'est uniquement à cause de moi que la planète ne tourne pas rond. À comparer de ce que je fais subir aux ours polaire en utilisant encore des cotons à démaquiller, le Japon, la Lybie, le Congo c'est Ibiza beach. Si la banquise fond c'est parce que Demak'up s'enrichit sur mon front et les ailes de mon nez. Ma salle de bains était devenu un enfer.

Ma copine Sophie avait écrit il y a longtemps un petit billet sur ses carrés en polaire. Mais rien que le nom de la matière me rappelait ce que j'avais fait subir à ces pauvres ours et je n'arrivais pas à franchir le pas.

Et puis un jour, j'ai vu ça chez mon Jiminy. Inutile de vous préciser que je suis tout de suite tombée en amour devant ces petites lavettes bobo. Sauf que, en août, on ne trouve pas facilement du coton à tricoter parce que les magasins ont déjà fait le plein d'alpaga, de baby mérinos et de cashmere.

Jusqu'à ce jour où en accompagnant Miclasouris et Sophie au ravitaillement de pelotes je suis tombée sur les divines couleurs de Catania (pur coton). Mais comme je n'avais "besoin" de rien j'ai un Alzheimer précoce, je suis ressortie les mains vides. Deux jours après j'ai enfin percuté que c'était exactement ce qu'il me fallait pour sauver la planète. Et je suis reournée les acheter.

Tous les soirs je me tricote un petit carré (18 mailles, aiguilles 3). Le point mousse leur donne en plus un petit effet exfoliant. Je jubile chaque fois que je me nettoie le visage. Ensuite ils passent dans une de mes lessives de coton et ils me resserviront pendant des années.

S'il vous plaît, ne venez pas me dire que les teintures de ce coton ont certainement tué des milliers de poissons africains (dans le moins pire des cas). Je vous en supplie, gardez ça pour vous. De toute façon, mes pelotes sont "made in Hungrya". Et toc !

Sur ces propos totalement nombrilistes, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale.

PS : la preuve que je ne raconte pas que des kouneries